Photo prise en 2001, à Keur Momar Sarr, au Nord du Sénégal devant ma plantation de Moringa
Petite note suite à des discussions avec des collègues universitaires : ce blogue est une série de billets personnels, sans lien avec une institution.
L’idée de rédiger les débuts puis l’avancée d’un parcours
doctoral (à 50 ans!) est de :
1) Partager
avec famille, amis et autres curieux de ce monde sur un sujet qui me passionne –
le Moringa et la nutrition;
2) Me libérer
en partie d’une situation quelque fois angoissante – une impression de saut dans
le vide;
3) Garder
une « track ». Visualiser mon propre cheminement;
4) Avoir
du recul en me relisant pour m’aider à… relativiser.
Par contre, ce n’est pas un blogue universitaire. Si je
veux en créer un, il sera en lien avec l’Université Laval et ce sera un ton et
des propos certainement très différents. Moins personnel en tout cas.
---
Mon nouveau Mac (un MacBook 12
pouces) m’a lâché… j’ai eu assez de temps pour sauver les
données les plus importantes – du doc entre autres – mais j’ai dû perdre pas
moins de 500 photos, soit les plus récentes. Comme quoi il ne faut pas s’accrocher
à ces petits souvenirs… un jour, ils disparaîtront de toute façon.
Avec la fameuse garantie Apple…
j’ai reçu un ordinateur tout neuf! Pourtant, maintenant, je travaille sur un
super-PC de l’université, avec écran immense (mieux qu’un douze pouces…), me
permettant de mettre tout mon travail sur le serveur de l’université et
garantissant donc une sécurisation des données.
Malgré ce petit pépin, le moral va franchement mieux, parce
que comme prévu, j’ai débuté la rédaction de ma revue de littérature sur le Moringa oleifera et me voilà à penser
avec intensité à ce document, à vouloir m’occuper de mon nouveau « bébé » :
le peaufiner, le modifier, l’enrichir. Ce sera comme une pièce de céramique que
je confectionne et qu’il faut polir jusqu’à ce que je sois contentée. Ce qui m’amène
à apprécier de plus en plus les lectures de documents et d’articles
scientifiques – lectures souvent ardues - puisqu’elles sont liées à « mon
bébé ».
---
Je suis bien consciente que ce n’est pas un roman qui
passionnera bien du monde.
L’écriture d’un document qui doit être approuvé par des
chercheurs universitaires est en partie technique. À chaque affirmation, il
faut la faire suivre d’une ou plusieurs sources sérieuses – les fameuses références.
En voici un très bref aperçu :
« Des 13 espèces du genre, Moringa oleifera Lam. serait actuellement l’espèce la plus connue et la plus largement cultivée (Anwar 2007, Fahey 2005) dans les zones tropicales et sub-tropicales, en Amérique du Nord, Centrale et du Sud, en Afrique, en Asie et dans les Îles du Pacifique (Lim, 2012, Fahey 2005). »
Et
ainsi de suite, durant plus ou moins 150 pages. Les informations récoltées
changent mais l’effet reste assez aseptisé.
Sauf à
la fin. Suite aux résultats de la prise de données, il y a une analyse puis une
discussion suivies d’une conclusion qui apportent alors un point de vue neuf, avec
des informations qui n’existaient pas encore et qui font avancer la science
dans le domaine d’expertise.
Et au
bout de chaque chapitre – un doctorat doit en comporter plusieurs - on rédige
au complet les différentes références (auteur, années, titre, revue, pages…)
afin que celui ou celle qui veut en apprendre davantage puisse retrouver sans
difficulté l’article ou le document.
Bien
évidemment l’université, la faculté, le directeur, le co-directeur et autres
personnes qui suivent le doctorant espèrent qu’il finisse par présenter sa
thèse – avec le défi du « 3 ans »… - mais il est aussi très connu que
l’espoir le plus important reste la publication d’un ou plusieurs articles
en lien avec la thèse dans une revue scientifique reconnue. C’est alors qu’on
pourra dire : « Ses travaux de recherche ont été approuvés par les
pairs de son domaine scientifique ». Les pairs étant uniquement (ou presque) des professeurs
universitaires, des PhD. du même domaine que le doctorant. C’est (enfin!) le
statut de reconnaissance officielle. Et la possibilité plus élevée de recevoir
des financements des gouvernements canadien et québécois et autres bailleurs de
fonds…
---
Ce qui
est vraiment formidable, c’est quand on peut avoir accès directement aux
chercheurs qui ont rédigé les articles scientifiques les plus importants… et ça
m’est arrivé par trois fois!!!
Il y a
eu professeur Jed Fahey, de l’Université John Hopkins, dans le Maryland:
Puis
professeur Mark Olson, botaniste, de l’Université autonome de Mexico:
Mark Olson, photo du site www.treesforlife.com
Et
Monica Marcu, pharmacienne, photographe et rédactrice d’un livre sur le
Moringa.
Mark Olson a certainement été celui qui a fait le plus avancer les connaissances sur le Moringa (le plus récent) d’ailleurs souvent en lien avec Jed Fahey. Les deux sont des sources intarissables de connaissances à ce sujet et de très grands chercheurs pour qui j’ai une réelle admiration. Ils seront d'une grande aide pour me motiver à continuer mon travail.
Les
trois ont répondu positivement à certaines de mes questions et surtout… ils se
souviennent très bien de Lowell, avec qui ils ont travaillé. Fahey m’écrit « Lowell was a beacon to all in the field »! Alors qu’Olson me répond « Lowell was an
amazing, and much missed person” .
Ça m’a fait chaud au coeur. C’est
vrai, personne ne pouvait égaler Lowell quand il était temps de voyager en
brousse africaine!






