mercredi 9 novembre 2016

Du fun?




YES: AVOIR DU FUN !

Pour ceux qui connaissent ma mère, vous saurez que ce titre correspond exactement à ce qu'elle veut de la vie...


Ma maman Suzanne, 81 ans. Elle a finalisé sa maîtrise à l'UQAM à plus de 50 ans. 
Septembre 2016

Me voici arrivée à la seconde moitié de ma première session de formation doctorale. Premier constat : me reste encore quelques années de pur bonheur.

Cette première partie s’est bien déroulée, avec des événements motivants, de chouettes rencontres et très peu de difficultés. Qu’ai-je donc fait pour que le travail de recherche avance? Pas autant que je l’espérais, puisque j’étais dans l’obligation de remplir des demandes de bourses et que les dates limites concordaient aux mois d’octobre et novembre. 

Mon propos va sembler bêtement monétaire mais c’est un peu le nerf de la guerre. Pas d’argent, pas de terrain au Sénégal et donc, pas de résultats et pas de doctorat.

Voici ce qui s’est passé :

 - Avec mon directeur et ma co-directrice, j’ai rempli quelques demandes de bourses, dont deux considérées comme étant importantes ($$$) : les IRSC du gouvernement canadien (Instituts de recherche en santé du Canada) et le FRQS, du gouvernement québécois (Fonds de recherche en santé du Québec). On croise les doigts, mais on les croise longtemps : la réponse n’arrivera pas avant mai prochain. Je sais que je n’ai pas beaucoup de chances d’être l’heureuse élue : si à la maîtrise j’ai obtenu une moyenne plus qu’excellente, au baccalauréat, ce n’était pas du tout le cas… et en plus, avec mon âge, je ne m’aide pas trop!

C’était évidemment prévisible. Je vais donc vivre avec les conséquences de ma vie hé!


- Je obtenu un poste d'auxiliaire de recherche et d’enseignement à la faculté de foresterie – à peine une dizaine d’heures par semaine, mais un travail très satisfaisant : corrections de stage internationaux, tutorat d’un jeune étudiant malien tout juste arrivé au Québec qui fait son mémoire de maîtrise sur le… Moringa au Mali! Très motivant tout ça.

- J’ai reçu deux petites bourses de l’Université Laval (pour tous les doctorants). De quoi payer quelques petites dettes.

- Je viens de savoir que je vais très certainement avoir droit à une bourse qui couvrira les frais de déplacements pour un stage préparatoire de deux semaines prévu en mars prochain. Assez pour sonder le terrain au Sénégal. L'idée est de créer des liens, rencontrer les personnes qui participeront à l'étude: Dakar, Thiès, Podor et peut-être même Matam, tout au Nord-Est du pays, parler un peu la langue du pays (wolof). Toucher enfin la terre sénégalaise! La dernière fois que j'ai foulé le sol du pays, c'était en décembre 2010:  

Ce sera pur bonheur et soulagement que de sentir la douce chaleur sub-saharienne. 




Réf: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c7/Un-senegal.png





MA TOURNÉE AU SÉNÉGAL EN 2010 AVEC MA FILLE

Mon terrain au Sénégal à la Somone. En espérant qu'il est toujours là...  et que personne n'ait construit sa petite maison dessus. 2010

Laure prenant le thé avec les amis. 2010

La famille à mon cher ami Cheikh Gueye. 2010

Mon tout aussi cher ami: Mama Gaye! 2010

La secrétaire de Lowell: Joséphine Samatey. Une femme remarquable. 2010

Daba, une amie proche, ainsi que sa grande fille. 2010



ALLER À L'ÉCOLE!

-  Ça faisait bien 25 ans que je n’avais pas fait ça : j’ai passé mon premier examen, crayon à la main, à remplir 12 pages en trois heures pour le cours « Méthodes d’analyse qualitative »… Ouf, dire que j’ai une importante épicondyle au bras gauche… Il faudra bien qu’un jour ils trouvent un moyen de nous faire passer des examens avec un écran, un clavier et un logiciel de texte libre de correction, sans accès à Internet. Sur ce point, il y a présentement un important « gap » entre les études universitaires et le marché du travail. Par contre, excellente nouvelle, jusqu’ici, j’ai une moyenne de A-. 

Je n’en demandais pas tant.



BIEN MANGER POUR MIEUX VIVRE

Maintenant, parlons un peu de ma recherche sur la nutrition des adolescentes du Sénégal et l’utilisation de la poudre des feuilles de l’arbre Moringa. Ouep, je peux dire : belle avancée. Mon directeur et ma co-directrice m’ont vraiment aidée à clarifier de nombreuses idées. J’ai rédigé le résumé ainsi qu’un document de deux pages qui précisent ce que je veux faire, en plus de nombreux autres documents qui discutent des justificatifs de la recherche, des coûts, des objectifs, de la méthodologie, de la collecte et de l’analyse des données et des résultats escomptés. J’ai encore un blocage pour la finalisation de ma table des matières.

En une phrase, avec le titre, la recherche ressemble à ça :

Application d’une approche novatrice et durable pour améliorer l’état de nutrition des adolescentes au Sénégal par l'utilisation de la poudre de feuilles de Moringa oleifera Lam

« L’étude vise à vérifier si l’ajout de poudre de feuilles de Moringa à l’alimentation peut améliorer l’état de nutrition des adolescentes au Sénégal, à évaluer les contraintes qui entravent sa consommation, à définir un plan d’intervention pour augmenter sa consommation, à évaluer/analyser les effets de la poudre sur leur apport alimentaire et à concevoir un système agroforestier innovant en vue d’augmenter la disponibilité du Moringa au Sénégal ».


Caro-contente. Ça commence à s’approcher de ma première idée, quand j’ai décidé de faire un doctorat : continuer le travail de Lowell.

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PARLER, DÉCROCHER ET VIVRE

Mon état intérieur… Durant les moments où rien n’avance, je suis un peu… down, c’est bien vrai, mais je tente de me ressourcer. Il faut absolument que j’en parle! Je rencontre des spécialistes de la recherche Internet à la bibliothèque de l’Université Laval, je discute avec des étudiants au doctorat, je jase avec des amies ;), je lis tout ce qui peut m’aider à mieux comprendre mon sujet et le parcours nécessaire pour réussir. Loin de la coupe aux lèvres, mais tout cela est soutenant. 


Les rencontres avec le directeur et la co-directrice sont déterminantes, elles m’apportent un vent de fraîcheur et le goût de continuer.



Mont St-Anne, octobre 2016


Une idée-clé : c’est le sujet qui me dirige!

Ce que je ne fais pas très bien : décrocher. Partir me promener sans but. Les photos semblent raconter le contraire, mais c’est arrivé si peu souvent… Va savoir pourquoi… disons que c’est présentement mon objectif : sortir au moins trois fois par semaine pour le simple plaisir d’être active physiquement et oxygéner le cerveau et le reste. Mais les rues de Charlesbourg ne m’ont jamais motivées à sortir de chez moi…

Tout de même, quelques petites escapades automnales:

Lac Beauport, octobre 2016












ÉCOUTER D'AUTRES VOIX

Lisant d’autres aventures de thésards, je réagis à celle de Pierre Tchakoua, un blogueur étudiant de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Dans Histoires d’étudiants « Misères et gloires des thésards : faire une thèse n’équivaut pas à continuer ses études! ». En 2014, il écrivait :

« Même si dans certains pays, notamment au Canada ou aux États-Unis, le thésard peut continuer à suivre des cours tout en travaillant sur son projet de recherche, le PhD est un véritable projet d’initiatives individuelles. Il est alors indispensable que le thésard ait une grande autonomie dans l’organisation du travail. Même (s’il) est encadré par un maître de thèse, il demeure que ce dernier prend des décisions et des initiatives et élabore seul son projet, le directeur de thèse jouant le rôle de guide et de régulateur. » (1)

Moi, organisée? Suis très autonome, mais organisée??? Ça sera toujours plus un défi qu’une facilité… Reste que le bonheur d’avoir choisi un tel projet, de le voir grandir et de savoir qu’il devrait produire du savoir et laisser des traces durables positives me motive assez pour me pousser à devenir « organisée »… le temps du doc.


Je lis aussi quelques études sur la réalisation d’un doctorat. Par exemple, à quoi ressemble le travail de recherche scientifique. Voici ce que raconte Hervé Dumez :

« Ce que l’on attend d’un travail de recherche est l’originalité. Il ne s’agit pas d’une qualité en soi, mais d’une démarche : un mémoire, une thèse, un article, ont pour but d’apporter quelque chose de nouveau, d’original. L’originalité est tout le sens de la revue de littérature. Il faut bien maîtriser ce qui a déjà été fait en matière de recherche pour pouvoir positionner sa propre recherche de manière à ce qu’elle apporte quelque chose de plus, à ce qu’elle soit originale (à la frontière du savoir et du non-savoir. (2)

Voilà justement où j’en suis : rédiger ma revue de littérature et je vous avoue que ça va me demander plus que de la persévérance.  


Alors, au travail madame Olivier !




COULEUR, COULEUR

J'ai aussi peinturluré, de quoi sortir de mon travail. Septembre et octobre 2016. 


Inspiration d'une peinture faite par l'ami d'une amie: Cri. Je ne connais pas l'artiste qui l'a fait. Son oeuvre possède une lumière et une dynamique très vivante. J'espère surtout ne pas choquer l'artiste. Je l'ôterai si jamais c'est le cas.






Inspiration: Nicolas de Staël. "Parc de Sceaux". Un artiste qui m'inspire totalement.