dimanche 22 janvier 2017

"Technicalités", rencontres et autres petites réussites

Photo prise en 2001, à Keur Momar Sarr, au Nord du Sénégal devant ma plantation de Moringa


Petite note suite à des discussions avec des collègues universitaires : ce blogue est une série de billets personnels, sans lien avec une institution.

L’idée de rédiger les débuts puis l’avancée d’un parcours doctoral (à 50 ans!) est de :

1)     Partager avec famille, amis et autres curieux de ce monde sur un sujet qui me passionne – le Moringa et la nutrition;

2)     Me libérer en partie d’une situation quelque fois angoissante – une impression de saut dans le vide;

3)     Garder une « track ». Visualiser mon propre cheminement;

4)     Avoir du recul en me relisant pour m’aider à… relativiser.

Par contre, ce n’est pas un blogue universitaire. Si je veux en créer un, il sera en lien avec l’Université Laval et ce sera un ton et des propos certainement très différents. Moins personnel en tout cas.

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Mon nouveau Mac (un MacBook 12 pouces) m’a lâché…  j’ai eu assez de temps pour sauver les données les plus importantes – du doc entre autres – mais j’ai dû perdre pas moins de 500 photos, soit les plus récentes. Comme quoi il ne faut pas s’accrocher à ces petits souvenirs… un jour, ils disparaîtront de toute façon.

Avec la fameuse garantie Apple… j’ai reçu un ordinateur tout neuf! Pourtant, maintenant, je travaille sur un super-PC de l’université, avec écran immense (mieux qu’un douze pouces…), me permettant de mettre tout mon travail sur le serveur de l’université et garantissant donc une sécurisation des données.


Malgré ce petit pépin, le moral va franchement mieux, parce que comme prévu, j’ai débuté la rédaction de ma revue de littérature sur le Moringa oleifera et me voilà à penser avec intensité à ce document, à vouloir m’occuper de mon nouveau « bébé » : le peaufiner, le modifier, l’enrichir. Ce sera comme une pièce de céramique que je confectionne et qu’il faut polir jusqu’à ce que je sois contentée. Ce qui m’amène à apprécier de plus en plus les lectures de documents et d’articles scientifiques – lectures souvent ardues - puisqu’elles sont liées à « mon bébé ».

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Je suis bien consciente que ce n’est pas un roman qui passionnera bien du monde.
L’écriture d’un document qui doit être approuvé par des chercheurs universitaires est en partie technique. À chaque affirmation, il faut la faire suivre d’une ou plusieurs sources sérieuses – les fameuses références. En voici un très bref aperçu :

« Des 13 espèces du genre, Moringa oleifera Lam. serait actuellement l’espèce la plus connue et la plus largement cultivée (Anwar 2007, Fahey 2005) dans les zones tropicales et sub-tropicales, en Amérique du Nord, Centrale et du Sud, en Afrique, en Asie et dans les Îles du Pacifique (Lim, 2012, Fahey 2005). »

Et ainsi de suite, durant plus ou moins 150 pages. Les informations récoltées changent mais l’effet reste assez aseptisé.

Sauf à la fin. Suite aux résultats de la prise de données, il y a une analyse puis une discussion suivies d’une conclusion qui apportent alors un point de vue neuf, avec des informations qui n’existaient pas encore et qui font avancer la science dans le domaine d’expertise.

Et au bout de chaque chapitre – un doctorat doit en comporter plusieurs - on rédige au complet les différentes références (auteur, années, titre, revue, pages…) afin que celui ou celle qui veut en apprendre davantage puisse retrouver sans difficulté l’article ou le document.

Bien évidemment l’université, la faculté, le directeur, le co-directeur et autres personnes qui suivent le doctorant espèrent qu’il finisse par présenter sa thèse – avec le défi du « 3 ans »… - mais il est aussi très connu que l’espoir le plus important reste la publication d’un ou plusieurs articles en lien avec la thèse dans une revue scientifique reconnue. C’est alors qu’on pourra dire : « Ses travaux de recherche ont été approuvés par les pairs de son domaine scientifique ». Les pairs étant uniquement (ou presque) des professeurs universitaires, des PhD. du même domaine que le doctorant. C’est (enfin!) le statut de reconnaissance officielle. Et la possibilité plus élevée de recevoir des financements des gouvernements canadien et québécois et autres bailleurs de fonds…

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Ce qui est vraiment formidable, c’est quand on peut avoir accès directement aux chercheurs qui ont rédigé les articles scientifiques les plus importants… et ça m’est arrivé par trois fois!!!

Il y a eu professeur Jed Fahey, de l’Université John Hopkins, dans le Maryland:
Jed Fahey, photo de l'Université John Hopkins http://www.jhsph.edu/faculty/directory/profile/1732/jed-w-fahey

Puis professeur Mark Olson, botaniste, de l’Université autonome de Mexico:
Mark Olson, photo du site www.treesforlife.com

Et Monica Marcu, pharmacienne, photographe et rédactrice d’un livre sur le Moringa.


Mark Olson a certainement été celui qui a fait le plus avancer les connaissances sur le Moringa (le plus récent) d’ailleurs souvent en lien avec Jed Fahey. Les deux sont des sources intarissables de connaissances à ce sujet et de très grands chercheurs pour qui j’ai une réelle admiration. Ils seront d'une grande aide pour me motiver à continuer mon travail.

Les trois ont répondu positivement à certaines de mes questions et surtout… ils se souviennent très bien de Lowell, avec qui ils ont travaillé. Fahey m’écrit « Lowell was a beacon to all in the field »! Alors qu’Olson me répond « Lowell was an amazing, and much missed person” .

Ça m’a fait chaud au coeur. C’est vrai, personne ne pouvait égaler Lowell quand il était temps de voyager en brousse africaine!



mardi 10 janvier 2017

Une confiture pourtant délicieuse

(see at the end of this article the abstract of the research in French and English)

Hiver 2017. Seconde session débutée.

Je reprends le titre d’un article du Devoir – dont le sujet n’a aucun rapport avec le mien, sauf une partie des résultats : « La déconfiture d’une bonne idée ». (1)

La confiture dégouline.

Mon idée est bonne - la confiture est délicieuse - mais elle commence à avoir un goût quasi amer au point de m’écœurer.

Explications.

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La première session s’est pourtant bien déroulée : un assez bon résultat pour le cours de recherche de troisième cycle – dont de nouvelles connaissances sur un sujet que je maîtrisais peu. Quoique je m’attendais à être plus performante.

 Caro dans son bureau, tentant d'apprendre par coeur le sujet d'un examen.

Surtout de belles rencontres : un collègue de bureau toujours positif, des étudiants vivant les mêmes angoisses que les miennes, sinon pires…, des professionnels de recherche amis, des professeurs le vent en poupe, des directeur-co-directrice de recherche toujours merveilleux. Des amis formidables, une enfant sublime à mes côtés.

Autres résultats : un foutu bon document (voir plus bas le résumé en français et en anglais) de base pour ma recherche - ce me qui me motive!, couplé à des demandes de financements – trois très longues ($$$) et une fort courte. Pour l’instant, j’ai reçu une réponse positive à la demande de bourse de 5 000$ (merci CEF - Centre d'études de la forêt) qui me permettra de réaliser une petite mission au Sénégal. Il est déjà prévu que je parte deux semaines en mars pour rencontrer les chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et les directeurs des lycées de Thiès et Matam – deux villes du pays -  afin de préparer le terrain qui est prévu pour septembre prochain (entre 4 à 6 mois).

Mon directeur de recherche m’a aussi donné la chance d’être à la fois auxiliaire de recherche et d’enseignement : 45 heures par mois de travail vraiment intéressant. Tutorat d’un jeune étudiant malien et corrections de rapports de stages internationaux. À ce sujet, un petit pépin est survenu et m’a un peu bousculée – j’ai raté en partie une correction pour un étudiant, mais rien de majeur. On a réussi à trouver une solution.

Pour les fêtes, j’ai visité la belle-famille en Arizona, avec ma Loulou de 13-14 ans : que du bonheur, un peu de chaleur, des liens tissés-serrés.

Une 25 décembre 2016 à Sun City, Arizona John Murray, Winton Fuglie, Laure Marianne Olivier Fuglie, Denay Murray Fuglie, Luke Fuglie et  
Ardith Fuglie... "She is drinking Ô my God"!

Finalement, que de très bonnes nouvelles jusqu’ici.

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"So what is the … xyz problem? ».

...sans parler des déboires du quotidien - ménage-bouffe-vaisselle-déneigement-maman-taxi - dont une inondation du sous-sol et 6 mois de travaux finalisés en décembre...

1.    Le « spring ». Mon ressort intérieur n’est pas encore cassé, mais il est  épouvantablement mou. Le matin, le midi, le soir… La motivation pour faire avancer ce projet est au plus bas.

2.     Aurais-je ce fameux financement qui servira à chercher les données de terrain au Sénégal? Il me le faut, sinon, je devrai modifier en profondeur la base de la recherche.

3.     Et « Ze big question » : j’ai bien une Lou de 14 ans à la maison non? Si le terrain au Sénégal est de 6 mois comme vient de me proposer mon directeur, est-ce qu’elle vient avec moi ou non? Ce sera le point névralgique. Et une décision commune avec la grande.

Je connais pourtant ce qui pourrait m’aider à soutenir le quotidien :

a.    Un classique efficace: faire plus d’activité physique, rester positive, voir le beau en moi et à l’extérieur de moi, comprendre ce que veut dire «être zen»… expirer-inspirer-expirer-inspirer-expirer-inspirer - refrain connu de tous. Bla-bla-bla.

 Victor et Victorine, sculptures sénégalaises achetées par Lowell avant notre première rencontre

b.  Et la vraie solution : RÉ-DI-GER ma foutue revue de littérature sur le Moringa. J’ai pourtant 40 très bons articles scientifiques fin prêts à être imprimés. J'ai bien lu les résumés, mais pas la totalité des articles. Il me manque donc une vingtaine de pages que j'aurai rédigées décrivant la situation de l'arbre et faisant des liens entre eux pour être VRAIMENT motivée. Donne-moi un texte que j’ai écrit pour le relire, le réviser et même le recommencer et me voilà en pleine forme!

C’est ce que je me répète et me redis 100 fois : « Rédige de quoi à ce sujet et tu vas voir, les ailes vont te pousser ma fille! ».

J’ai une amie d’Alberta (une soie) qui me propose cette technique :  lire les articles un par un et après chacun d’entre eux, prendre une marche tout en réfléchissant sur ce que je devrais en retenir puis revenir devant mon bureau et rédiger. Comme elle vient juste de m’appeler et qu’elle m’a promis de me reparler dans une semaine, il me reste quelques jours pour tester le tout. Dire qu’à 19 ans, j’avais lu la biographie de Darwin et c’est exactement ce qu’il faisait. Belle comparaison hein?

Mais… est-ce bien vrai? Est-ce qu’un simple document de vingt pages pourrait me faire croire que ça vaut tant la peine que ça? Le « ça » et le « tant » voulant dire : ma fameuse recherche a-t-elle un sens assez important pour que j’y consacre 3 à 4 ans de ma vie?

À moi de faire en sorte que la fameuse confiture devienne vraiment nourricière. Qu'elle soit doctorale ou non.

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Résumé de la recherche

Application d’une approche novatrice et durable pour améliorer l’état de nutrition des adolescentes au Sénégal par l'utilisation de la poudre de feuilles de Moringa oleifera Lam.

L’adolescence est une phase critique du développement de l’individu correspondant au cycle de vie où les besoins nutritionnels sont les plus élevés. Investir chez les adolescents, particulièrement chez les filles peut contribuer à réduire la mortalité maternelle et infantile et la malnutrition. Au Sénégal, les adolescentes (15/19ans) représentent 22% des femmes en âge de reproduction et les données indiquent que 35% des filles d’entre elles sont sous-nourries alors que plus de la moitié d’entre elles sont anémiques. L’arbre Moringa oleifera Lam y est connu et apprécié pour ses feuilles, sa croissance rapide et son faible coût. Les feuilles contiennent d’importantes quantités de nutriments lesquels sont déficients chez les adolescentes. Le Moringa peut améliorer l’état de nutrition de ce groupe vulnérable. Toutefois très peu d’études ont évalué son impact sur leur nutrition et leur santé. Cette étude vise à vérifier si l’ajout de poudre de feuilles de Moringa à l’alimentation peut améliorer l’état de nutrition des adolescentes au Sénégal, à évaluer les contraintes qui entravent sa consommation, à définir un plan d’intervention pour augmenter sa consommation, à évaluer/analyser les effets de la poudre sur leur apport alimentaire et à concevoir un système agroforestier innovant en vue d’augmenter la disponibilité du Moringa au Sénégal. Une étude transversale dans deux zones contrastées sera conduite avec évaluation en début-fin d’interventions sur un échantillon de type aléatoire dont la taille sera calculée de façon à détecter un apport additionnel de 3 mg/fer/jour correspondant à 10 gr de Moringa/jour/adolescente. Les résultats attendus sont d’améliorer l’apport alimentaire des adolescentes et leur état de nutrition, de pérenniser les activités du plan d’intervention, de réaliser un atelier de réflexion pour le développement d’un plan d’action et de créer des systèmes agroforestiers valorisant le Moringa.

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Abstract of the research

Application of an innovative and sustainable approach to improve the nutritional status of adolescents in Senegal by using leaves of Moringa oleifera Lam

Adolescence is a critical stage of development for the individual when nutritional needs are highest. Investing in adolescent girls (15-19) can help reduce infant and maternal mortality and malnutrition. In Senegal they represent 22% of women of reproductive age (15-49 years) and 35% of them are undernourished and more than half are anaemic. Several studies show that the leaves of the Moringa oleifera tree have a high nutritional value that improve children's nutritional status. However, very few of them have evaluated its impact on the nutritional health of adolescents. Its leaves contain large amounts of protein, vitamins and minerals often deficient in women and children. In Senegal, the tree is valued for its leaves, its growth speed and low cost. This study aims to verify whether the addition of Moringa powder leaves to the diet can improve the nutritional status of adolescent girls in Senegal to assess the constraints on its use to define an action plan to increase its consumption, to assess and analyse the effects of powder on food intake of adolescent girls and to diagnose and design an innovative agroforestry system in order to increase the availability of Moringa in Senegal. After approval by the appropriate ethics committee, a cross-sectional study in two contrasting areas will conduct assessment with the beginning and end of interventions on a random type of sample size that will be calculated to detect an additional intake of 3 mg / iron / day corresponding to 10 grams of Moringa / day / teenager. The expected results are to improve the food intake of adolescent girls and their nutrition state and to sustain the activities of the intervention plan with the involvement of the stakeholders and the conducting of a workshop.


(1) Référence pour le titre du Devoir: http://www.ledevoir.com/societe/education/485674/la-deconfiture-d-une-bonne-idee








mercredi 9 novembre 2016

Du fun?




YES: AVOIR DU FUN !

Pour ceux qui connaissent ma mère, vous saurez que ce titre correspond exactement à ce qu'elle veut de la vie...


Ma maman Suzanne, 81 ans. Elle a finalisé sa maîtrise à l'UQAM à plus de 50 ans. 
Septembre 2016

Me voici arrivée à la seconde moitié de ma première session de formation doctorale. Premier constat : me reste encore quelques années de pur bonheur.

Cette première partie s’est bien déroulée, avec des événements motivants, de chouettes rencontres et très peu de difficultés. Qu’ai-je donc fait pour que le travail de recherche avance? Pas autant que je l’espérais, puisque j’étais dans l’obligation de remplir des demandes de bourses et que les dates limites concordaient aux mois d’octobre et novembre. 

Mon propos va sembler bêtement monétaire mais c’est un peu le nerf de la guerre. Pas d’argent, pas de terrain au Sénégal et donc, pas de résultats et pas de doctorat.

Voici ce qui s’est passé :

 - Avec mon directeur et ma co-directrice, j’ai rempli quelques demandes de bourses, dont deux considérées comme étant importantes ($$$) : les IRSC du gouvernement canadien (Instituts de recherche en santé du Canada) et le FRQS, du gouvernement québécois (Fonds de recherche en santé du Québec). On croise les doigts, mais on les croise longtemps : la réponse n’arrivera pas avant mai prochain. Je sais que je n’ai pas beaucoup de chances d’être l’heureuse élue : si à la maîtrise j’ai obtenu une moyenne plus qu’excellente, au baccalauréat, ce n’était pas du tout le cas… et en plus, avec mon âge, je ne m’aide pas trop!

C’était évidemment prévisible. Je vais donc vivre avec les conséquences de ma vie hé!


- Je obtenu un poste d'auxiliaire de recherche et d’enseignement à la faculté de foresterie – à peine une dizaine d’heures par semaine, mais un travail très satisfaisant : corrections de stage internationaux, tutorat d’un jeune étudiant malien tout juste arrivé au Québec qui fait son mémoire de maîtrise sur le… Moringa au Mali! Très motivant tout ça.

- J’ai reçu deux petites bourses de l’Université Laval (pour tous les doctorants). De quoi payer quelques petites dettes.

- Je viens de savoir que je vais très certainement avoir droit à une bourse qui couvrira les frais de déplacements pour un stage préparatoire de deux semaines prévu en mars prochain. Assez pour sonder le terrain au Sénégal. L'idée est de créer des liens, rencontrer les personnes qui participeront à l'étude: Dakar, Thiès, Podor et peut-être même Matam, tout au Nord-Est du pays, parler un peu la langue du pays (wolof). Toucher enfin la terre sénégalaise! La dernière fois que j'ai foulé le sol du pays, c'était en décembre 2010:  

Ce sera pur bonheur et soulagement que de sentir la douce chaleur sub-saharienne. 




Réf: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c7/Un-senegal.png





MA TOURNÉE AU SÉNÉGAL EN 2010 AVEC MA FILLE

Mon terrain au Sénégal à la Somone. En espérant qu'il est toujours là...  et que personne n'ait construit sa petite maison dessus. 2010

Laure prenant le thé avec les amis. 2010

La famille à mon cher ami Cheikh Gueye. 2010

Mon tout aussi cher ami: Mama Gaye! 2010

La secrétaire de Lowell: Joséphine Samatey. Une femme remarquable. 2010

Daba, une amie proche, ainsi que sa grande fille. 2010



ALLER À L'ÉCOLE!

-  Ça faisait bien 25 ans que je n’avais pas fait ça : j’ai passé mon premier examen, crayon à la main, à remplir 12 pages en trois heures pour le cours « Méthodes d’analyse qualitative »… Ouf, dire que j’ai une importante épicondyle au bras gauche… Il faudra bien qu’un jour ils trouvent un moyen de nous faire passer des examens avec un écran, un clavier et un logiciel de texte libre de correction, sans accès à Internet. Sur ce point, il y a présentement un important « gap » entre les études universitaires et le marché du travail. Par contre, excellente nouvelle, jusqu’ici, j’ai une moyenne de A-. 

Je n’en demandais pas tant.



BIEN MANGER POUR MIEUX VIVRE

Maintenant, parlons un peu de ma recherche sur la nutrition des adolescentes du Sénégal et l’utilisation de la poudre des feuilles de l’arbre Moringa. Ouep, je peux dire : belle avancée. Mon directeur et ma co-directrice m’ont vraiment aidée à clarifier de nombreuses idées. J’ai rédigé le résumé ainsi qu’un document de deux pages qui précisent ce que je veux faire, en plus de nombreux autres documents qui discutent des justificatifs de la recherche, des coûts, des objectifs, de la méthodologie, de la collecte et de l’analyse des données et des résultats escomptés. J’ai encore un blocage pour la finalisation de ma table des matières.

En une phrase, avec le titre, la recherche ressemble à ça :

Application d’une approche novatrice et durable pour améliorer l’état de nutrition des adolescentes au Sénégal par l'utilisation de la poudre de feuilles de Moringa oleifera Lam

« L’étude vise à vérifier si l’ajout de poudre de feuilles de Moringa à l’alimentation peut améliorer l’état de nutrition des adolescentes au Sénégal, à évaluer les contraintes qui entravent sa consommation, à définir un plan d’intervention pour augmenter sa consommation, à évaluer/analyser les effets de la poudre sur leur apport alimentaire et à concevoir un système agroforestier innovant en vue d’augmenter la disponibilité du Moringa au Sénégal ».


Caro-contente. Ça commence à s’approcher de ma première idée, quand j’ai décidé de faire un doctorat : continuer le travail de Lowell.

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PARLER, DÉCROCHER ET VIVRE

Mon état intérieur… Durant les moments où rien n’avance, je suis un peu… down, c’est bien vrai, mais je tente de me ressourcer. Il faut absolument que j’en parle! Je rencontre des spécialistes de la recherche Internet à la bibliothèque de l’Université Laval, je discute avec des étudiants au doctorat, je jase avec des amies ;), je lis tout ce qui peut m’aider à mieux comprendre mon sujet et le parcours nécessaire pour réussir. Loin de la coupe aux lèvres, mais tout cela est soutenant. 


Les rencontres avec le directeur et la co-directrice sont déterminantes, elles m’apportent un vent de fraîcheur et le goût de continuer.



Mont St-Anne, octobre 2016


Une idée-clé : c’est le sujet qui me dirige!

Ce que je ne fais pas très bien : décrocher. Partir me promener sans but. Les photos semblent raconter le contraire, mais c’est arrivé si peu souvent… Va savoir pourquoi… disons que c’est présentement mon objectif : sortir au moins trois fois par semaine pour le simple plaisir d’être active physiquement et oxygéner le cerveau et le reste. Mais les rues de Charlesbourg ne m’ont jamais motivées à sortir de chez moi…

Tout de même, quelques petites escapades automnales:

Lac Beauport, octobre 2016












ÉCOUTER D'AUTRES VOIX

Lisant d’autres aventures de thésards, je réagis à celle de Pierre Tchakoua, un blogueur étudiant de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Dans Histoires d’étudiants « Misères et gloires des thésards : faire une thèse n’équivaut pas à continuer ses études! ». En 2014, il écrivait :

« Même si dans certains pays, notamment au Canada ou aux États-Unis, le thésard peut continuer à suivre des cours tout en travaillant sur son projet de recherche, le PhD est un véritable projet d’initiatives individuelles. Il est alors indispensable que le thésard ait une grande autonomie dans l’organisation du travail. Même (s’il) est encadré par un maître de thèse, il demeure que ce dernier prend des décisions et des initiatives et élabore seul son projet, le directeur de thèse jouant le rôle de guide et de régulateur. » (1)

Moi, organisée? Suis très autonome, mais organisée??? Ça sera toujours plus un défi qu’une facilité… Reste que le bonheur d’avoir choisi un tel projet, de le voir grandir et de savoir qu’il devrait produire du savoir et laisser des traces durables positives me motive assez pour me pousser à devenir « organisée »… le temps du doc.


Je lis aussi quelques études sur la réalisation d’un doctorat. Par exemple, à quoi ressemble le travail de recherche scientifique. Voici ce que raconte Hervé Dumez :

« Ce que l’on attend d’un travail de recherche est l’originalité. Il ne s’agit pas d’une qualité en soi, mais d’une démarche : un mémoire, une thèse, un article, ont pour but d’apporter quelque chose de nouveau, d’original. L’originalité est tout le sens de la revue de littérature. Il faut bien maîtriser ce qui a déjà été fait en matière de recherche pour pouvoir positionner sa propre recherche de manière à ce qu’elle apporte quelque chose de plus, à ce qu’elle soit originale (à la frontière du savoir et du non-savoir. (2)

Voilà justement où j’en suis : rédiger ma revue de littérature et je vous avoue que ça va me demander plus que de la persévérance.  


Alors, au travail madame Olivier !




COULEUR, COULEUR

J'ai aussi peinturluré, de quoi sortir de mon travail. Septembre et octobre 2016. 


Inspiration d'une peinture faite par l'ami d'une amie: Cri. Je ne connais pas l'artiste qui l'a fait. Son oeuvre possède une lumière et une dynamique très vivante. J'espère surtout ne pas choquer l'artiste. Je l'ôterai si jamais c'est le cas.






Inspiration: Nicolas de Staël. "Parc de Sceaux". Un artiste qui m'inspire totalement.